Le orange

Après Cinquante nuances de vert, Rougir de plaisir, Contes violets, L’heure bleue, Blanc comme neige, Carnet rose et Jaune, on continue nos explorations colorées avec le orange.

  

Boucles d'oreilles or et corail

 

Complémentaire du bleu dans le cercle chromatique, la teinte secondaire est obtenue par mélange du rouge et du jaune. Michel Pastoureau, le Pape de la symbolique des couleurs, range d’ailleurs le orange parmi ce qu’il nomme les demi-couleurs. Au même titre que celle du rose, la portée symbolique du coloris est, selon l’historien, moins riche que celle des couleurs dites « principales » : rouge, vert, bleu, jaune, noir et blanc. Et si pour vous le lien entre blanc et couleur ne fait pas encore sens, on vous invite à lire l’article dédié.

Rassurez-vous, demi-couleur ou non, Galerie Pénélope a toujours des anecdotes à vous conter pour briller dans vos dîners mondains.

 

 

Vogue, 1928.


 

 

Orange précieux

 

 

 

Collier branche corail fermoir or rose

 

A l’ère de la mondialisation où l’on nous procure des fraises au cœur de l’hiver, on l’a oublié mais jusqu’à la Seconde Guerre mondiale l’orange (le fruit) est un mets de luxe. Importée en Occident au XIVe siècle, elle est cultivée dans les orangeries, ces « jardins d’hiver » chauffés ne pouvant appartenir qu’à des aristocrates ou des bourgeois compte-tenu de leur coût de fonctionnement. Quel enfant de la génération Y n’a jamais entendu son grand-père, devant la débauche de jouets en plastique au pied du sapin, dire que « de son temps, on ne recevait pour tout cadeau de Noël qu’une orange » ?

 

 

 

Publicité Hermès, années 1970 via Pinterest.

 

Un autre lien entre le orange, la couleur et non plus le fruit, et luxe est indubitablement la marque Hermès. Saviez-vous que l’association de la teinte à la maison est totalement fortuite ? En effet, les emballages Hermès étaient à l’origine couleur crème. Or, durant la Seconde Guerre mondiale, les pénuries de matière première faisaient rage. Dans notre article sur l’Histoire du Bijou au XXe siècle (Partie 2), on vous explique par exemple qu’il n’est pas exclu de trouver des gemmes d’imitation sur les bijoux des années 1940 à cause de l’interruption des importations de pierres précieuses. Pour en revenir à Hermès, suivant ces difficultés d’approvisionnement le crème n’était plus disponible chez l’imprimeur. Il restait en revanche à ce dernier un stock de feuilles oranges car la couleur n’était alors pas très prisée. Un heureux hasard semble-t-il, puisqu’ aujourd’hui le orange est devenu l’un des emblèmes de la maison de luxe.

 

 

 

 

Bague marguerite ancienne topaze entourage diamants

 

 

En gemmologie, orange et précieux vont parfois de pair à l’image du saphir padparadscha, très rare et recherché (on l’évoque dans notre article sur la pierre de naissance de Septembre) ou encore de la topaze impériale ; tous deux teintés d’orangé.

D’autres gemmes et matières organiques oranges sont aussi couramment utilisées en joaillerie : l’ambre, le corail, la citrine madère, la cornaline, les grenats spessartite et hessonite, l’opale de feu et la pierre de soleil.

 

 

 

Boucles d’Oreilles Puiforcat Cornaline

 

 

 

Une chevelure d’enfer

 

On ne peut parler du orange sans évoquer la stigmatisation des personnes rousses. S’il s’agit de moins de 2% de la population mondiale, des croyances sans fondement perdurent encore de nos jours autour des roux.

 

 

Albert Joseph Moore, Midsummer, 1887, Bournemouth, Russel-Cotes Art Gallery & Museum

 

Leur marginalisation commence dès l’Antiquité où une chevelure orangée était un marqueur de rejet. Par exemple, dans le théâtre romain les bouffons, les esclaves et autres exclus de la société étaient joués par des comédiens portant des perruques rousses.

Plus tard, l’époque médiévale fut particulièrement peu tendre avec les roux car l’on jugeait leur crinière flamboyante corrélée aux flammes de l’Enfer. Aussi la chevelure rousse fut elle, conjointement à la montée en puissance de la religion catholique, considérée comme le symbole des hérétiques.

 

 

Broche ancienne plume opale de feu et diamants

 

Dans notre article sur le jaune, on vous raconte que dès le IXe siècle, les peintres vont parer Judas, considéré comme traître pour avoir contribué à l’arrestation de Jésus, d’attributs stigmatisants. A savoir, l’un des douze apôtres du Christ est  alors tantôt vêtu de jaune, gaucher ou bien roux.

 

Quant aux femmes rousses, elles furent au Moyen-Âge non seulement accusées de sorcellerie mais aussi considérées comme des êtres à la sexualité déchaînée (toujours en rapport avec l’Enfer).

 

 

Bague Camée Corail

 

 

Le saviez-vous ? En 1254, Saint-Louis ordonne que toutes les prostituées soient teintes en roux afin de les différencier des femmes dites « respectables ». Et le lien entre rousseur et trafic de charme perdure au moins jusqu’au XIXe siècle. En témoigne par exemple la chevelure orangée de Nana, une prostituée issue des romans d’Emile Zola. A cette période cependant, avec la mode des cheveux auburn le roux se pare d’une double connotation de séduction. Il intéresse d’ailleurs particulièrement les peintres préraphaélites à l’image de Dante Gabriel Rossetti dont l’œuvre A vision of Fiammetta est reproduite ici.

 

 

Dante Gabriel Rossetti, A vision of Fiammetta, 1878, Collection privée.

 

En fait, dès la Renaissance la femme rousse occupe une place de choix dans l’œuvre peinte, au bémol que certaines chevelures seraient de nos jours davantage considérées comme blond vénitien. Et puis, connaissez-vous le point commun entre Ramsès II, Christophe Colomb, Henri IV, Elisabeth Ière et Henri VIII ? Oui, ils étaient tous roux ! Les portraits de personnages historiques vont également contribuer en partie à la revalorisation des roux.

 

 

 Artiste inconnu, Portrait d'Elisabeth Ière, vers 1575

 

 

L’occasion pour nous de rappeler l’importance de la peinture et son impact sur la société à une époque où la photographie n’existait pas. Avant l’invention de cette dernière au XIXe siècle, la peinture constitue le seul médium de représentation. Par exemple, les aspirant-e-s au mariage se faisaient envoyer le portrait sur toile de leur prétendant-e-s. Ce qui, de la même manière que sur un site de rencontres et selon l’habileté du peintre, pouvait susciter enchantement ou déception lors du premier tête-à-tête IRL (*In Real Life).

Les portraits miniatures viennent aussi parer objets précieux (comme par exemple les tabatières alors très en vogue) et bijoux de l’époque à l’image de notre broche ancienne ci-dessous. Ils sont alors offerts comme souvenirs ou témoins d’une amitié ou d’un amour.  

 

 

Broche ancienne en or et portrait miniature

 


 

Symbolique du orange

 

 

Bague vintage corail sur or

 

Puisque l’on parle union, l’orange (le fruit) évoque la cérémonie du mariage dans la culture méditerranéenne. Une coutume ancienne consiste à offrir des oranges, un clin d’œil aux pommes d’or du Jardin des Hespérides qui furent données par les Grâces à Junon & Jupiter lors de leurs noces (les équivalents romains de Héra et Zeus). Un heureux présage puisque le orange est symboliquement lié à la fécondité.

Savez-vous pourquoi ? Car l’oranger donne à la fois des fleurs et des fruits ! Les fleurs d’oranger sont enfin privilégiées pour les bouquets de mariées ou se retrouvent parfois en bijoux de tête (il n’est pas rare de dénicher sur les brocantes des couronnes en cire datant de la première moitié du XXe siècle), probablement pour les mêmes raisons.

 

 

Peigne à cheveux, diadème ancien, en corne et corail, sur argent vermeillé

 

 

On prête aussi au orange des qualités de dynamisme et sociabilité. Dans la mythologie romaine toujours, la couleur est associé à Bacchus (notre Dionysos grec), Dieu du Vin et des plaisirs terrestres honoré lors de « Bacchanales » durant lesquelles les bacchantes étaient vêtues de tuniques oranges.

 

Au demeurant, malgré son caractère solaire, le orange peine à conquérir notre cœur. Annoncé aujourd’hui comme couleur préférée de 3% des Femmes et 2% des Hommes, 9% des Femmes et 6% des Hommes déclarent qu’il s’agit du coloris qu’ils aiment le moins. Peut-être à cause de son caractère anti-conventionnel ?

 

 

Chambre, années 1970 via Pinterest.

 

Le orange connaitra pourtant son heure de gloire dans les années 1970 où il envahira les intérieurs. Considéré comme avant-gardiste et associé au plastique alors en plein essor, il reste aujourd’hui le symbole d’une époque joyeuse et insouciante.

Plus ancienne et plus luxueuse, connaissez-vous la Chambre d’Ambre, aux murs totalement recouverts de la gemme organique ?

 

 

Chambre d’Ambre du palais Catherine [Détail].

 

Commandée en 1701 par le roi de Prusse Frédéric Ier, elle est offerte au tsar russe Pierre Ier en 1716 et installée dans le palais Catherine. Volée et disparue pendant la Seconde Guerre mondiale, on peut désormais admirer une reproduction de la huitième merveille du monde au Tsarskoye Selo State Museum Preserve, situé près de Saint-Pétersbourg.

 

 

 Bracelet ancien or rose et ambre

 

A défaut de couvrir vos murs de pierres fines, on vous suggère de vous parer de nos bijoux anciens oranges, uniques et précieux ; pour réjouir autant par votre goût que par votre esprit !

 

pendentif sceau agate. ,  creoles corail.peigne corail.  ,  bague diane

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