La perle

 

Pierre de naissance des natifs du mois de juin, la perle symbolisait autrefois le pouvoir et la richesse, et était associée à la déesse Aphrodite, déesse de l’amour née de l’écume de la mer. Durant l'Antiquité, les perles étaient même appelées larmes d'Aphrodite...



FORMATION ET CARATERISTIQUES


La perle se forme par couches successives de nacre qu'un mollusque (huître ou moule) produit suite à la présence d’un corps étranger, cherchant alors à se protéger pour éviter une irritation. Le terme Perle vient d'ailleurs du latin perna signifiant coquillage.

Dans le passé, les perles étaient obtenues par pur hasard, des plongeurs descendaient en apnée recueillir des mollusques et découvrir de temps en temps une perle ; on parle alors de perles fines, aussi dites naturelles. Ce n’est qu’au début du XXe siècle qu’un changement décisif se produit dans l’histoire des perles. Après de nombreuses recherches, un Japonais dénommé Mikimoto découvre une nouvelle technique qui chamboule le monde de la perle : il réussit à créer la première perle de culture. En France, la perle de culture fait son effet vers la fin des années 1920, et sonne la fin de l'utilisation exclusive de la perle fine en joaillerie.

La perle fine est donc aujourd'hui extrêmement rare et recherchée. La bonne nouvelle, c'est que les bijoux anciens en sont souvent parés ;)!

galerie pénélope paris bijoux anciens

Bague étoile en or, perles fines, et diamants


Il existe différents critères permettant d'évaluer la préciosité d'une perle : plus son lustre sera parfait, sa couleur et forme homogènes, sa surface lisse, son orient (ou irisation) et sa taille importants, plus sa valeur s'en verra augmentée.



LEGENDES


La perle est utilisée depuis plusieurs millénaires ; la plus ancienne datant de 5 500 avant JC a été trouvée à Jomon au Japon sur un site de fouilles archéologiques, on en retrouve également dans des tombes datant de la même période aux Emirats-Arabes-Unis. La Renaissance est une période très importante dans l’histoire de la perle ; cette période sera aussi appelée « l’âge de la perle ». On pouvait apercevoir à cette époque de jolies parures sur presque toutes les femmes, mais aussi sur beaucoup d’hommes qui en étaient couverts de la tête aux pieds.

La légende raconte que les riches familles romaines donnaient à leurs filles une ou plusieurs perles chaque année afin qu’elles puissent obtenir un collier complet lorsqu’elles atteignaient l’âge adulte.

GALERIE PENELOPE BIJOUX ANCIENS

Pendentif flèche, diamants, et perle fine

                                    

Il existe une autre légende assez incroyable concernant les perles, et cette fois-ci, elle met en scène la reine Cléopâtre. Cet épisode, narré par Pline l’Ancien, se déroule lors d’un des nombreux banquets organisé par Cléopâtre. Cette dernière avait promis à Antoine, qu'elle voulait impressionner, un banquet valant 10 millions de sesterces (ancienne monnaie romaine), mais lors de ce fameux banquet, celui-ci se rendit compte que la reine n’avait pas tenu parole et le lui fit savoir. Cléopâtre aurait alors plongé une de ses boucles d’oreille ornée d'une superbe perle fine dans une coupe de vinaigre, aurait attendu que celle-ci se dissolve et bue la coupe ; ainsi, sa parole aurait été tenue. Elle aurait voulu faire de même avec l’autre boucle, mais un de ses conseillers l’en aurait - fort heureusement - dissuadé.



LES PERLES DE CULTURE


Il existe différentes sortes de perles de culture : les perles Akoya, de Tahiti, des mers du Sud, et d’eau douce.

Les perles Akoya sont des perles de culture japonaises. Elles sont obtenues après une greffe dans des huîtres de mer (Pinctada fucata et Pinctada martensi), font entre 2 et 9 mm de diamètre et sont de couleurs crèmes, jaunes, ou rosées ; après traitement, elles peuvent même devenir champagnes, blanches, ou argentées.

 

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Bague marquise or, diamants, et perle de culture

                      

Les perles de Tahiti, connues pour leur couleur gris noir sont obtenues après une greffe dans une huître de mer (la Pinctada margaritifera aux lèvres noires). Les perles de Tahiti font entre 8 et 15 mm, les plus grosses peuvent mesurer jusqu’à 20 mm, elles possèdent la plus grande diversité de couleurs naturelles parmi toutes les perles du monde, en passant du gris/noir au blanc crémeux.

Les perles des mers du Sud ou perles d’Australie sont les perles les plus grosses de la perliculture, le record appartient à une perle de 3 cm de diamètre. Toujours créées à partir d’une greffe, c’est cette fois dans une Pinctada Maxima que l’on trouve de si grosses perles. Elles ont une large variété de teintes, plus ou moins foncées selon leur provenance (mers d’Australie ou dans le Pacifique).

Enfin, les perles d’eau douce sont particulières, car celles-ci ne proviennent pas d’huîtres de mer, mais de moules. On retrouve pour ce type de perles de nombreuses formes, couleurs, tailles, et lustres. Cette grande variété est due au fait que contrairement aux autres coquillages perliers, on ne greffe pas de nucléon dans la moule, mais un morceau de manteau d’une autre moule d’eau douce, ainsi la perle sera faite entièrement de nacre, et, n’étant pas guidée par la forme sphérique du nucléus, la forme sera tout à fait aléatoire.

 

LA PEREGRINA

La Peregrina est sans doute la perle la plus célèbre au monde avec sa forme en poire, ses 50,56 carats, et d'illustres propriétaires dont la grande amatrice de bijoux, Elizabeth Taylor. 

Cette perle fut trouvée dans le golfe de Panama en 1579 par un esclave noir qui aurait alors acheté sa liberté en la vendant à un marchand de perles portugais. Elle parvint ensuite à Philippe II d’Espagne qui l’offrit à sa fille aînée, puis fut conservée dans le trésor de la cour d’Espagne, où elle fut portée sous forme de broche par plusieurs reines d’Espagne et d’Autriche.

Lors de la défaite en 1813 de Napoléon Ier en Espagne, ce dernier emporte la Peregrina avec lui et en fera cadeau à Napoléon III. Ce dernier la vendit en 1848 à James Hamilton, premier duc d’Abercorn.

Elle refit surface en 1969 chez Sotheby’s à Londres où Richard Burton, le mari d’Elizabeth Taylor, en fit l’acquisition pour pas moins de 37 000 $. Cette fameuse perle aurait d'ailleurs par la suite failli être avalée par un des chiens de l'actrice...


Galerie Penelope Paris Bijoux Anciens

Elizabeth Taylor portant la perle Peregrina dans le film « Anne des mille jours», 1969


À la mort de cette dernière, une vente exceptionnelle fut organisée par  Christie’s à New York, où 80 joyaux de la célèbre actrice y furent mis en vente, dont la Peregrina, qui, montée sur un collier signé Cartier, sera vendue 11,84 millions de dollars!