Les Bijoux Belle Epoque

Connue sous le nom de Belle Époque (1890-1915) en France, et dans le reste de l'Europe, l'époque Edouardienne a été nommée ainsi en hommage au roi anglais Édouard VII, et a duré tout au long de son court règne, entre 1901 et 1910. Elle fait suite à l’époque Victorienne, un tantinet conservatrice et austère, dont elle semble avoir pris le contre-pied.

En effet, ce fut une période nettement plus frivole, certainement influencée par la nature légère et enjouée du roi Édouard VII, ainsi que par son attrait pour les objets de valeur et les fêtes spectaculaires.

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Collier noeud en platine, diamants, et émeraude

 

Les bijoux Edouardiens se définissent par un style très délicat et féminin. On constate l'utilisation de motifs élaborés et traditionnels, comme le ruban, la couronne de fleurs, la dentelle, et les végétaux: on parle de style guirlande. Les bijoux étaient souvent conçus pour se mouvoir au grès des mouvements de la femme les portant, ainsi de nombreuses pièces étaient fabriquées avec des charnières, et des pierres ou perles montées en pendeloque.

 

L'AGE D'OR DU PLATINE

 

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Bague "Eternité" en platine, or, diamants, et saphirs

 

Le platine, nouvellement utilisé en joaillerie, a contribué à créer le style des bijoux Edouardiens. Sa couleur blanche et matte étant parfaitement adaptée aux volutes et aux couleurs pastel des bijoux Belle Epoque.

Une fois que les bijoutiers eurent parfaitement maîtrisé l'utilisation de ce métal, à la fois plus robuste, mais plus cassant que l'or, il devint le métal de prédilection pour créer les motifs délicats de dentelle et de broderie alors populaires. Sa résistance le rend également plus approprié pour le serti dit millegrain, un serti caractérisé par de minuscules et délicates perles de métal, donnant un aspect plus délicat et doux au bijou.

 

 

LES PIERRES DE PREDILECTION

Le diamant est sans aucun doute la pierre la plus couramment utilisée sur les bijoux Edouardiens, en partie en raison de leur disponibilité et de leur prix relativement abordable à l'époque, mais aussi pour leur parfaite harmonie avec le platine.

L’évolution des techniques de taille permet la démocratisation des tailles fantaisies telles que la taille marquise, émeraude ou poire, mais aussi le perfectionnement de la taille ronde avec l'apparition de la demi taille (sorte d'intermédiaire entre la taille ancienne et la taille brillant moderne) au détriment de la taille rose et ancienne.

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Toi & Moi perle fine et aigue-marine

 

La perle est la deuxième matière précieuse la plus populaire après le diamant, et était même bien souvent plus onéreuse que ce dernier! Les perles de culture ne sont apparues sur le marché qu'en 1921, ainsi les perles des bijoux Belle Epoque étaient fines, et donc d'une grande rareté.

Leur orient chatoyant se mariant parfaitement aux tons pastel des vêtements de l'époque. La perle était également utilisée en pendeloque sur les bijoux afin d'en accentuer l'illusion de mouvement.

 

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Bague améthyste entourage diamants

 

Les saphirs, les émeraudes, les rubis et les pierres fines telles que l'aigue-marine, l'améthyste, le grenat, les opales, la pierre de lune et les péridots sont également présents sur les bijoux Edouardiens, souvent comme pierre de centre dans un entourage de diamants.

 

LES GRANDES MAISONS

 

Le platine et les diamants furent pleinement adoptés par Cartier, pionnier dans l'utilisation de ce nouveau métal. La maison française fût d'ailleurs le joaillier officiel du roi Édouard, et devint ainsi plus populaire que jamais.

Il est dit que Louis Cartier encourageait ses designers à s'inspirer de livres de motifs du XVIIIe siècle, ainsi qu'à parcourir les rues de Paris avec un carnet de croquis afin d'en observer l'architecture, faisant ainsi de la maison de joaillerie le créateur de tendances majeur de cette période.

 

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Broche Belle Epoque émeraudes et diamants, Cartier

 

Boucheron fût une autre prestigieuse maison de joaillerie connue pour ses créations avant-gardistes. Elle était à l'époque sous la nouvelle direction de Louis Boucheron, qui avait succédé en 1902 à son père déjà connu pour son esprit novateur.

N'oublions pas Chaumet, alors dirigé par Joseph Chaumet, qui sut faire perdurer le savoir-faire ancestral de la maison en ornant les têtes de la haute société de ses fabuleux diadèmes et aigrettes.

 

LES BIJOUX

 

Les bijoux, comme bien souvent, se sont adaptés à la mode féminine de l'époque, alors plus libératrice: les décolletés changent, se font plus profonds, et se parent d'un peu plus de colliers et de pendentifs.

 

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Pendentif marguerite saphir entourage diamants

 

Le collier de chien, un favori de la reine Alexandra, épouse d'Edouard VII, se présente sous la forme d’un bandeau en velours noir orné en son centre d'un motif scintillant ou, plus élaboré, composé de rangs de perles enlaçant étroitement le cou.

L'époque Edouardienne est aussi celle du collier négligé, une fine chaîne au bout de laquelle pendent deux pendentifs parallèles, souvent de longueurs différentes.

Le collier lavallière, généralement composé d’un pendentif en forme de goutte allongée suspendu à une chaîne pour créer une forme de « Y », est également très populaire.

 

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La reine Elisabeth de Belgique 

 

Le collier rivière, composé d’une rangée de pierres de plus en plus fines à mesure que l’on s’éloigne du centre (en chute), était un autre style de collier privilégié, tout comme le collier résille, une structure en forme de filet sertie de diamants qui couvrait tout le cou et une partie du corsage.

Les sautoirs, souvent composés de longs rangs de perles terminés par des pompons, étaient portés non seulement autour du cou, mais aussi autour de la taille, des corsages et des bras.

 

Les boucles d'oreilles ont évolué des simples clous diamants, ou dormeuses, à des créations plus ornementées et volumineuses: les pendants d'oreilles. On y retrouve les nombreux motifs et techniques populaires de l'époque, tels que la guirlande ou le millegrain.  

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Boucles d'oreilles pompons de perles fines

 

Les bagues étaient souvent portées empilées sur les doigts et beaucoup présentaient les mêmes motifs miniatures de volutes et de guirlandes. Les bagues cibles (ou Halo) serties d'une pierre de couleur centrale, ainsi que les bagues d'une forme plus large serties de trois pierres horizontales, étaient également à la mode.

 

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Bague saphir entourage diamants

 

Les bracelets sont proposés dans des formes subtiles et effilées, fabriqués en platine surmonté de diamants et présentant des motifs symétriques répétés. Un autre style apprécié comportait des pierres précieuses uniquement sur la partie visible du bracelet et des maillons métalliques sur le dessous, qui s'étiraient et se déplaçaient avec le port, rendant la pièce plus confortable à porter, et plus abordable.

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Bracelet Belle Epoque, perles et diamants, Christie's, 2020

 

Les bijoux de cheveux, en particulier les diadèmes étaient également très à la mode dans la haute société, et grâce au platine, ils pouvaient être minutieusement conçus et incrustés de diamants sans être trop lourds à porter. Plus tard dans cette période, les diadèmes ont évolué vers le style bandeau plus discret qui était porté sur le front attaché à l'arrière de la tête avec un ruban.

 

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Manon de cheveux orné de diamants 

 

Le début de la Première Guerre mondiale en 1914 marque la fin de la légère Belle Epoque. Le style doux et gracieux des bijoux Edouardiens cède alors sa place pour le style Art Déco, un design résolument moderne, aux lignes géométriques et épurées. La Belle Epoque reste cependant aujourd'hui une période appréciée pour ceux qui recherchent un bijou ancien délicat, féminin et de grande qualité.