Le Bijou Ecossais

L'HISTOIRE

 

Saviez-vous que la production de bijoux en Écosse remonte à l’âge de fer? 

Cependant, c’est au cours du XIXe siècle que le bijou écossais a gagné en popularité, et nous allons vous expliquer ici pourquoi:

Après être tombée amoureuse de l’Écosse, la Reine Victoria décida d'y acquérir le château de Balmoral en 1852. Avec le Prince Albert, ils y passèrent régulièrement leurs vacances et c’est à cette époque qu’elle commença à collectionner des pièces de joailleries écossaises, créant ainsi une tendance qui fit de ces bijoux traditionnels les accessoires de mode en vogue.

Les premiers modèles qui gagnèrent le cœur de la société Victorienne furent les broches dites de plaid. À la fois pratiques et décoratives, elles servaient traditionnellement à attacher un plaid en tartan sur l'épaule. Couramment fabriquées en argent par des orfèvres locaux, ou même en or pour les pièces les plus raffinées, ces broches arboraient des symboles celtiques et étaient souvent ornées de pierres de Cairngorm. Un quartz fumé provenant des montagnes de Cairngorms, qui est la gemme emblématique de l’Écosse, et une des favorites de la Reine Victoria.

 

LES PIERRES

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Broche de plaid en or à motifs de chardons

 

Les broches et bracelets pouvaient être également décorés de toute une variété de gemmes originaires d'Ecosse, ce qui leur donnera le nom de Scottish pebble jewellery, littéralement: bijoux de galets écossais. Les gemmes telles que l’agate, la cornaline, le jaspe sanguin, le cristal de roche, le jaspe ou l’onyx, avec leurs nuances terreuses de vert, ocre, brique, et gris, invoquent les couleurs de la campagne sauvage écossaise.

Les granites gris et rose étaient également populaires, tout comme la citrine. L’améthyste quant à elle, était particulièrement bien adaptée pour décorer des bijoux représentant le chardon, emblème national de l’Écosse.

 

LES THEMES

Parmi les nombreux motifs présents dans la joaillerie écossaise, on trouve aussi: les Scottish dirk pins, des épingles de kilt, répliques miniatures de poignard de cérémonie ; la croix celtique, très populaire en pendentif et en épingle ; la croix de Saint André, saint patron de l’Écosse ; ou encore des nœuds celtiques, des boucliers, des écussons, des clés ou des haches.

 

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Epingle de Kilt en argent et pierres fines

 

Les broches luckenbooth représentent une autre pièce distinctive de la joaillerie écossaise: ces broches sont fortement associées à la ville d’Édimbourg où elles étaient originellement vendues autour de la cathédrale Saint-Gilles dans des luckenbuiths (locking booths), des petits kiosques qui leur ont donné leur nom. Traditionnellement, les luckenbooths sont faites d’argent ou de laiton, serti de pierres précieuses et représentent un ou deux cœurs entrelacés surmontés d’une couronne. Les broches dont les cœurs entrelacés forment la lettre M étaient connues sous le nom de Queen Mary brooches, une légende voulant que Mary Stuart, reine d’Écosse, offrit un luckenbooth à son second époux Lord Darnley. Si des exemples de ce type de broche luckenbooth remontent au début du XVIe siècle, elles sont devenues populaires aux XVIIIe et XIXe siècles, durant lesquels elles étaient souvent offertes comme gage d’amour, parfois comme un cadeau de fiançailles, ou encore comme amulette pour éloigner les mauvais esprits, particulièrement pour les mères allaitantes afin de protéger leur lait et leurs enfants des sorcières.

 

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Le luckenbooth

 

Pour répondre à une demande grandissante durant le XIXe siècle, la production de joaillerie écossaise a été délocalisée en Angleterre, à Birmingham et Exeter. Changement ayant entrainé l’émergence de nouveaux designs, éloignés de la tradition écossaise mais toujours liés à la culture, tels que des cornemuses. Cependant, les représentations se sont finalement détournées de leur origine traditionnelle pour aller vers des symboles plus génériques, comme par exemple les cœurs, les serpents (un des préférés de la Reine Victoria) ou les étoiles. La variété des bijoux a également évolué. Des simples broches traditionnelles, elle s’est étendue aux pendentifs, boucles d'oreilles et boutons de manchette. Enfin, les joailliers ont commencé à utiliser de moins en moins de pierres d’Écosse, et préférer des pierres moins couteuses d'Inde, ou d'Afrique. Certaines de ces pierres n’étaient même plus taillées en Grande-Bretagne mais envoyées dans la région d’Idar-Oberstein en Allemagne, fameuse pour ses tailleurs expérimentés.

 

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Broche losange en argent et pierres fines

 

Bien que la popularité de la joaillerie écossaise ai persisté tout au long de l'ère Victorienne et jusqu’au début du XXe siècle, la demande a commencé à diminuer suite à la Première Guerre mondiale: la qualité des pierres et des bijoux n’arrivait plus au niveau de ceux produits sous le règne de la reine Victoria, qui restent à ce jour encore, les exemples les plus raffinés de la joaillerie écossaise.