L'explorateur à l'émeraude, partie 2

Après avoir emprunté le fleuve Magdalena depuis la côte caribéenne, Jan van der Molen arriva finalement dans la contrée de Boyaca. Il remonta une lagune qui l’amena dans les terres et débarqua sur un lac.

Fermant les yeux, il ressentit toute la force spirituelle des lieux. Tout à coup, il entendit des chants se rapprochant. Manœuvrant son bateau pour le cacher sur le bas-côté, Jan van der Molen aperçu à mi-distance un radeau avec plusieurs autochtones à son bord. Celui-ci s’immobilisa au milieu du lac. Ces derniers se mirent à danser tout en jetant à l’eau plusieurs récipients en terre cuite recouverts de poussière en or.

Une fois le radeau parti, Jan van der Molen fendit le lac vers son milieu. Il remarqua qu’une jarre flottait encore à la surface de l’eau turquoise. A l’aide d’un filet, il s’en empara. Il l’examina scrupuleusement. L’objet était désespérément vide. La poussière d’or s’en était allée. Dépité, il balança violemment la jarre. Elle se brisa. En contemplant les morceaux éparpillés sur le sol de son bateau, Jan van der Molen s’aperçu que l’un d’entre eux brillait d’une lumière verdâtre. Etonné, il le ramassa. A sa grande surprise, une magnifique pierre y était incrustée.

Quelques semaines plus tard à Santa Fe de Bogota, Jan van der Molen fit expertiser la pierre précieuse. Elle fut authentifiée comme une émeraude naturelle d’une pureté exceptionnelle. 

Jan van der Molen avait été le témoin d’une cérémonie ancestrale d’offrande aux dieux. Le peuple muisca rendait au lac sacré Guatavita ce qui lui appartenait : l’éclat vert magique de l’émeraude.

En l’honneur du peuple muisca, il décida de faire fabriquer une bague en or et argent ornée de la plus pure et irrésistible des émeraudes. Celle qu’il avait désormais en sa possession. Il la nomma embrujo verde : ce qui signifie ensorcellement vert.