La ballerine et son joyau, partie 2

 

Bijoux anciens galerie penelope paris

 

Sur-le-champ même, Magdalena se rappela, en effet, qu’elle avait oublié de
retirer le peigne en corne et argent serti de diamants taillé en rose, qui lui
servait habituellement de porte-bonheur pour des circonstances particulières,
comme celle qu'elle venait de vivre dans la rotonde de l’Opéra Garnier.


Ce bijou de cheveux, pur produit luxueux estampillé Belle Epoque, lui avait été
transmis par sa grand-mère, qui l’avait elle-même reçu en présent autrefois, de
la part de son fiancé, son cher grand-père.  


Elle fut évidemment complètement surprise par une telle requête, mais se
sentant en pleine confiance grâce à la sincérité et à la bonté qui se dégageaient
de cet homme, elle s’exécuta sans plus réfléchir et retira le bijou de tête de ses
cheveux, pour le lui donner d’un geste décidé.  


Quelques semaines plus tard, son précieux bijou de cheveux lui fut rendu, de
surcroît en parfait état. 
Il s’avéra que le monsieur en question, n’était autre que le célèbre
chorégraphe, George Balanchine ; le peigne en corne et argent serti de
diamants taillé en rose de la grand-mère, lui avait ainsi inspiré le ballet
intitulé Joyaux ; dans lequel l’hommage esthétique néo-classique du maître,
célébrait la ballerine telle une pierre précieuse, en se confondant en un
camaïeu d’images romantiques incandescentes.  


En outre, la plus belle des surprises, fut quand même, des années plus tard,
aussitôt que Magdalena eût réussi enfin à entrer dans la troupe du ballet de
l’Opéra de Paris, quand monsieur Balanchine lui proposa d’interpréter
à Garnier : émeraudes, rubis et diamants ; soit les trois volets de son chef
d’œuvre Joyaux.


Ses paupières furent à nouveau inondées de larmes… Toutefois plutôt par des
larmes de joie, qui achevèrent de donner pleinement sons sens à la mythique
parole de son aïeul : « tout souvenir est baigné de larmes ».

 

 

Bijoux anciens galerie penelope paris

 

 

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Peigne Belle Epoque argent, corne, et diamants

 

 

 

 

 

Texte de Jean-Philippe Samarcq.