La Glyptique: Expertise

 

 

Il existe un véritable marché pour les objets issus de la glyptique. La commercialisation de ces objets varie essentiellement selon leur ancienneté. Les camées et intailles antiques ou de la renaissance, extrêmement rares, ne sont souvent diffusés que via des antiquaires ou des ventes aux enchères de prestiges spécialisés dans ce domaine. 

Les intailles, souvent de petites tailles avec un sujet parfois difficilement lisible car gravé en profondeur, sont essentiellement recherchées par des collectionneurs.

Les camées, grâce à leur lisibilité plus importante, sont quant à eux plus accessibles, et donc plus populaires. Ils sont aussi beaucoup plus nombreux sur le marché des antiquités.

 

Expertise des camées et intailles anciens

 

L’adjectif « faux » pour un produit de la glyptique peut être employé si la personne qui l’a conçu et/ou commercialisé a usé de leurres afin d’induire en erreur sur l’époque et la matière de l’objet.

Ces deux critères étant ceux qui ont le plus d’influence sur la valeur commerciale de l’objet, un camée antique en agate atteindra facilement des milliers d’euros en salle des ventes, tandis qu’un camée en résine des années 60 sera vendu difficilement plus de 50€...

 

 

  

Concernant la datation, il est complexe de résumer par écrit ce qui relève avant tout d’un ressenti acquis après des années d’expérience.

Nous pouvons néanmoins souligner les points sur lesquels un expert s’attardera afin de pouvoir attester de l’époque de l’objet:

 

  • Le sujet : on observera des variations dans les sujets exploités selon les époques; le thème du catholicisme par exemple ne sera utilisé qu’à partir de la renaissance, après la contre reforme (XVIe siècle), et les scènes érotiques qu’à partir du XVIIIe siècle.

 

  • Le style : représentation du portrait, ou bien le style vestimentaire. Le buste est souvent en pointe sur un camée de la fin du XVIIIe/XIXe, le dos d’une sculpture datant de la Rome antique est souvent brut, ou bien encore, les doubles portraits sont chose courante lors de la Renaissance.

 

  • La représentation des différentes parties du corps (nez, bouche, regard, cheveux,…) : le nez sera droit et petit sur un camée datant du XXe siècle, et plus souvent à la « romaine » sur un camée XVIIe ou plus ancien.

       

       

  • La qualité de la sculpture : le trait sera net sur une gravure de la fin du XIXe siècle, et correspondra à la mécanisation du métier. A l’inverse sur une intaille antique, on constatera à la loupe une multitude de traits, composant une même ligne, correspondant aux traces laissées par le burin.

 

  • La patine et le poli : une gravure antique n’aura pas la même patine qu’une gravure plus récente. Il est également intéressant d’observer le poli dans le creux (à la jonction entre le sujet et le fond) d’un camée, il est compliqué de l’altérer volontairement, si le souhait était de le faire passer le camée pour plus ancien que la réalité, car difficilement accessible.

 

  • La matière : on remarque l’utilisation de l’agate et de la pâte de verre depuis des temps immémoriaux. Ce qui n’est pas le cas d’autres matériaux comme le camée coquille, qui n’est produit que depuis de XVIe siècle, et a surtout était commercialisé à partir du XIXe siècle. Les camées en pierres de lave ont commencé à être produits à partir du XIXe siècle. L’utilisation de résines polymères produites par l’homme est quant à elle beaucoup plus récente, on constate leur apparition à partir de 1930.

 

 

  • La monture : il est plus aisé de dater une monture. Un camée sera très rarement plus récent que sa monture.

 

  • Le pedigree : les précédents propriétaires sont parfois connus, il est alors possible de remonter jusqu’au premier, et donc de dater précisément l’objet.

 

  • La signature : la signature d’un graveur renommé permet de dater l’objet mais apporte surtout une valeur ajoutée à l’objet.

 

Un « faux » ne rassemblera jamais tous les critères d’une même époque. Les imitations sont souvent des modèles reproduits déjà existants, donc facilement repérables.

 

L’identification des matériaux utilisés est généralement aisée pour un professionnel ayant eu une formation en gemmologie, les plus courants sur le marché étant l’agate, et le coquillage. On remarque également, de manière plus anecdotique, l’utilisation de pierres précieuses, fines, et dures, de matières organiques comme le corail, et l’ivoire, mais aussi synthétiques comme la résine ou le verre.

 

Il existe un moyen rapide permettant de faire la différence entre un camée coquille et un camée agate: le camée coquille présente un dos concave et des inclusions en forme de flammèches, tandis que le dos du camée agate sera toujours plat, et sans flammèches.

  

Camée coquille sur monture or, le dos est concave avec présence de flammèches

 

 

Camée en agate sur monture or, le dos est plat avec présence d’inclusions naturelles

 

 

Il ne faut pas oublier de faire attention aux doublets pour les camées, le sujet est collé au fond, bien souvent des traces de colle sont visibles à la loupe au niveau de  la jonction des deux parties, permettant de démasquer rapidement cette imitation!

 

 

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