Histoire

 

La glyptique, du grec ancien γλυπτός / glyptós, « objet gravé », est un art qui consiste à graver et à sculpter des pierres dures, précieuses ou fines en relief (camée) ou en creux (intaille). La matière d’œuvre peut également être organique (coquillage, ivoire, corail, nacre, ambre) ou bien végétale (bois précieux).

Cette technique se caractérise par le façonnage de la matière par abrasion. L’usure est alors obtenue par frottements mécaniques (à l’image de la mer et du sable sur les roches), et non par percussions (chocs mécaniques). 

 

 

Si depuis la préhistoire les gemmes sont sculptées ou gravées, la glyptique connaîtra son véritable essor pendant l’Antiquité. En Égypte, tout d’abord, où la glyptique se développe grâce aux amulettes supposées protéger leur possesseur. En Grèce ensuite, où celle-ci aura une fonction utilitaire - le sceau étant alors utilisé pour apposer une signature et indiquer la position sociale de son propriétaire. 

 

Dès lors, des personnages de haut rang (princes hellénistiques, philosophes…) commanderont des intailles - soit des camées réalisés sur des matières précieuses et nobles comme la sardonyx, l’améthyste, le saphir, le grenat, le cristal de roche ou bien la cornaline. Certains empereurs iront même jusqu’à disposer de leur propre graveur, capable de réaliser des œuvres d’une rare précision. 

 

 

A la chute de l’Empire Romain, le goût des pierres gravées s’effacera petit à petit, marquant la fin de l’âge d’or de la glyptique. Il faudra attendre le pillage de Constantinople en 1204 par les Croisés pour que ces objets antiques soient réutilisés afin d'enrichir les Trésors des églises, mais aussi ornementer les bijoux et l’orfèvrerie des rois. 

La Renaissance fût marquée par un regain d'intérêt de la part de mécènes, tel Laurent de Médicis, ce qui redonna à la glyptique une seconde jeunesse.

 

 

Toutefois, c’est le courant Néo-classique, dans le prolongement de la tradition antique de la gravure sur pierre, qui marquera les dernières heures de gloire de la glyptique du XVIIIe au début du XXe siècles.

Les sculptures sur pierres fines se font malheureusement de plus en plus rares dans la joaillerie contemporaine, mais heureusement les bijoux anciens nous permettent encore de porter ces véritables œuvres d'art miniaturisées ;) !